NUL N'EST PROPHETE EN SON PAYS... ESPACE BLA BLA BLA ET COUCOUS...


Gens de Connaux, si vous passez par ici, soyez les bienvenus... N'hésitez pas à nouer le contact, à laisser trace de votre visite... Vos remarques, vos suggestions, vos impressions m'intéressent ! Merci de les exprimer :)



Eh oui ! Je vis à Connaux, petit village tranquille où il fait bon vivre... Tristement célèbre pour l'inscription portée sur son monument aux morts " Aux enfants de Connaux morts pour la Patrie...", allègrement reprise pour être tournée en dérision par divers mouvement antimilitaristes...



Place de la Fontaine ^^ ... Statue allégorique de l'été...

NUL N'EST PROPHETE EN SON PAYS...      ESPACE BLA BLA BLA   ET COUCOUS...

# Posté le dimanche 08 novembre 2009 11:48

Modifié le jeudi 12 novembre 2009 07:57

BON SANG !

BON SANG !

A la Comtesse Valériane, ma très chère fille...

Un certain Comte Dracula, enfant de Transylvanie,
S'est présenté tantôt au château, d'un sauf-conduit muni,
Signé de la main même du Roy, notre bon monarque,
Afin d'honorer mon respect des plus belles des marques...
Marques qui restèrent gravées sur mon vieux cou palpitant,
Deux petits points rouges qu'il laissa, nullement hésitant,
Dans ma chair perforée de la lame de ses crocs pointus,
M'assurant que sa morsure, pour un esprit non obtus,
Se révèlerait à coup sûr source d'une jouvence,
A laquelle je veux renaître, de toute évidence...
Depuis ce jour faste, je me sens, ma foi, ragaillardie.
Une jeune sève coule en mes veines en torrent hardi !
Aux oubliettes le vieux bâton de feu votre père,
Auquel je m'agrippais lors de flâneries éphémères...
Ce matin, me sentant d'humeur câline et toute rose,
Je voulus en mon si beau miroir contempler la chose,
Mon reflet refleuri... Hélas ! Horreur ! Noire dérision !
Le tain ardemment miré ne renvoya nulle vision...

Votre dévouée mère, Baronne de La Noire Fontaine, encline à vous pardonner enfin vos errances...



Le jeu se poursuit chez la belle Marquise...

# Posté le jeudi 26 novembre 2009 04:36

Modifié le jeudi 26 novembre 2009 07:21

En mode libertinage... $)

En mode libertinage...   $)
Alain Perrin - Baronne Chiara Tondo di Agneli



Comtesse Valériane, pensiez-vous vraiment que votre vieille mère n'aurait pas vent de votre décadente envie chez cette bonne marquise ? J'ai intercepté votre scandaleuse missive, voici ma réponse...



Ma douce Valériane, mon enfant, ma vie,
Mon âme tremble encore d'avoir lu ces mots,
Sans nulle vergogne dictés par votre envie
Contre-nature, indigne aux yeux d'un dévot !

Comment osâtes-vous à votre auguste mère,
Sans hésiter, pareil camouflet infliger ?
Goûter chez la Marquise à l'amour délétère
De Sapho ? Le comte, votre époux, négliger ?

Serait-ce que votre homme a perdu son ardeur
Et ne vous comble plus de ses assauts virils ?
En ce cas laissez-moi réparer ce malheur.
J'ai, pour susciter la faim de votre pistil,

Un élixir secret qui jamais ne faillit
Et pourrait fort bien faire lever la chose.
Allons ma mie ! Retournez aux bonnes saillies
Menées grand train par votre époux en osmose !

Pour votre vieille mère, au soir de sa vie,
De grâce, renoncez vite à ce rendez-vous
Et faites qu'Eros, ce bel ami, ne se rie
De votre laid penchant pour cette horrible soue.

Baronne de La Noire Fontaine ^^


# Posté le lundi 23 novembre 2009 15:05

Modifié le mardi 24 novembre 2009 03:58

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# Posté le dimanche 16 août 2009 10:26

Modifié le lundi 19 octobre 2009 18:25

SOUS LES JUPES NOIRES (première partie)

SOUS LES JUPES NOIRES (première partie)
Texte inspiré par la photographie ci-dessus vue chez ELISA




La brise brûlante soufflant du sud pénétrait par la fenêtre grand ouverte et animait les draps du lit d'une langueur familière. Comme si Diego se retournait dans son sommeil pour poser un bras lourd sur le sein de sa femme. Alba sourit et tendit la main. Ses doigts se refermèrent sur le vide. Elle ouvrit les yeux, brusquement envahie par la coulée de lave glacée qui la projetait sans pitié dans le réel. Ce n'était que le vent qui se prenait pour le fantôme de son époux.
Sept ans déjà. Sept cruelles années s'étaient écoulées depuis le décès de Diego, emporté dans la fleur de l'âge par la tuberculose. Mais la course de ces jours à jamais enfuis n'avait pu assécher la fièvre du désir d'Alba pour celui qui l'avait éveillée à l'amour. Elle gardait en permanence ses ongles taillés en pointe, comme des griffes acérées. Quand la faim du corps de son homme venait tourmenter sa chair impatiente du feu de ses tenailles, quand les heures passées en prière se révélaient inutiles, alors, mâchoires serrées et yeux clos, elle enfonçait ses doigts dans sa peau, lacérait ses tissus jusqu'au sang. Alors seulement la tension retombait, la libérait pour un temps de l'emprise d'Éros en remplaçant la souffrance sourde du désir par celle, piquante et vive, des griffures.
Son corps n'était plus qu'une gigantesque plaie, jamais refermée. Mais personne ne connaissait son calvaire, dont elle dissimulait soigneusement les traces sous les manches longues de ses chemisiers et les pans de ses grandes jupes noires de deuil. À tous ceux qui la côtoyaient, elle offrait un visage impassible et froid, sous des cheveux d'ébène sagement coiffés en bandeaux et tirés sur la nuque en un chignon serré. L'image même de la sérénité. Nul ne pouvait deviner les affres du tourment qui révulsait son âme de femme pieuse.
Cette nuit encore, la brise chaude venait la tenter, la laissant pantelante de rage, de n'être qu'un pitoyable pantin de la soif d'aimer. Ses ongles s'enfoncèrent dans la chair tendre de ses cuisses. Elle attendit le déferlement de la vague de douleur pour s'y abandonner presque avec volupté, dans un long gémissement étouffé. Elle se dressa enfin sur son séant, le souffle court, le c½ur cabré dans sa poitrine. Satisfaite. À nouveau, elle avait vaincu ses démons.
Elle se leva, posa ses pieds nus sur le carrelage de terre cuite. La fraîcheur relative montant du sol l'ancra un peu plus dans la réalité. Elle mourait de soif. Elle alluma un bougeoir et sortit dans le couloir. En passant devant la chambre de sa fille, elle remarqua que sa porte était entrebâillée. Elle entra et demeura un bref instant interdite, en constatant que la pièce était vide. Bah ! Tout comme elle, Rosa avait dû avoir soif... Elle était sûrement descendue à la cuisine se servir un verre d'eau à la cruche que l'on laissait en permanence dans un courant d'air pour la garder fraîche.
Elle descendit en silence les escaliers qui débouchaient sur le rez-de-chaussée, traversa la vaste pièce à vivre et pénétra dans la cuisine. Mais elle n'y trouva pas sa fille. Elle poussa sa recherche jusque dans la salle réservée aux servantes. Ses quatre domestiques dormaient sur les paillasses de crin de deux grands lits sommaires. Toutes ronflaient paisiblement. Mais nulle trace de Rosa. La femme tourmentée céda alors la place à la mère inquiète.
Elle vola au dehors. Un coup de vent rageur éteignit la flamme de la bougie. Mais peu lui importait ! La lune bien ronde, accrochée à l'encre noire clignotante d'un ciel parfaitement dégagé, éclairait les alentours presque comme en plein jour. Tout paraissait tranquille au c½ur du domaine familial, perdu sur les premières hauteurs des contreforts de la Sierra Morena, à quelques lieues au nord de Jaén, la Hacienda Mendoza, reçue en héritage à la mort de Diego et qu'Alba dirigeait depuis d'une poigne d'homme.
Aux aguets, elle fit lentement quelques pas dans la cour, insensible aux effluves entêtants qu'exhalaient les pieds de jasmin plantés aux portes de la propriété. Son regard se porta sur les vantaux largement ouverts de la grange. Elle avança malgré elle, le sang pulsant furieusement à ses tempes, poussée aux épaules par un démon impérieux. Arrivée à l'entrée, elle tendit l'oreille. Défaillit presque en reconnaissant les gémissements plaintifs de l'amour physique. Main sur le c½ur, elle avança encore. La lumière de la pleine lune se déversait par des lucarnes sur les bottes de paille entassées. Alba put distinguer sans difficulté, au fond du hangar, la blancheur obscène de deux corps nus emmêlés, ondulant à l'unisson d'une lutte pacifique, sans vainqueur ni perdant.
Reculant vivement, elle porta une main à ses lèvres pour bâillonner le cri d'horreur qui montait de ses entrailles. Elle venait de reconnaître Rosa, sa seule et unique enfant, en train de forniquer sur une vulgaire couche de paille, comme la dernière des catins ! Les dents plantées sur son poing serré, elle se précipita jusqu'à la maison. Grimpa les escaliers en courant et se jeta éperdument sur son lit, cachant son visage mort de honte entre les oreillers, empoignant les draps de toute sa colère de mère trahie...

L'aube la trouva allongée sur le dos en travers du lit, les yeux écarquillés, très calme. Elle se força à se lever, procéda comme à son habitude à sa toilette. À chaque passage sur sa figure du linge blanc imbibé d'eau, ses traits se détendaient, se raffermissaient. Toute trace de sa nuit blanche disparaissait. Toute trace de son déshonneur s'effaçait.
Après avoir revêtu les vêtements noirs d'usage du deuil qu'elle comptait respecter jusqu'à la fin de ses jours, elle prit un trousseau de grosses clés dans un tiroir de sa commode. Puis elle sortit sans faire de bruit, se dirigea vers la chambre de Rosa. Elle entrouvrit sa porte. L'enfant avait regagné son lit et reposait dans la pénombre des persiennes closes, réfugiée sous le masque paisible du sommeil de l'innocence. Innocence ! Vipère ! Jamais l'expression nourrir une vipère en son sein n'avait paru aussi explicite à Alba, mise en lumière par l'insoutenable crudité de sa scandaleuse découverte. Elle tira la porte et enferma sa fille à double tour.
Dans la cuisine, elle attisa les braises du poêle à bois et ajouta une bûche. Puis elle posa une casserole de lait sur la plaque brûlante. Debout contre l'évier de grès, elle laissa son regard s'échapper par la fenêtre, une main crispée sur le petit crucifix de bois qu'elle portait à son cou. Rien n'avait changé, malgré la scène sordide dont elle avait été le témoin. Elle reconnaissait chaque pouce du paysage aride de cette terre du sud qui l'avait vue naître. Rien n'avait changé et pourtant, l'infamie ne la lâchait pas. Partout où ses pas la portaient depuis qu'elle s'était levée, elle traînait avec elle le boulet de la honte. Comme si se cachaient sous ses jupes noires les corps enlacés des deux pécheurs.

BLACKFOUNTAIN

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 18:22

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 09:18